La force de l’habitude

de Thomas Berhard



 

création avril 2002 à l’Illiade à Illkirch,

soutenue par la DRAC Alsace, la Ville de Strasbourg,

le Conseil Régional d’Alsace, le Conseil Général du Bas-Rhin et la Spedidam.


Mise en scène : Pascal Holtzer

Musique : Reno Daniaud et Pascal Holtzer

Scénographie : Pascal Holtzer et Jean-Charles Herrmann

Fabrication des instruments : Christophe Moy

Costumes : Eléonore Daniaud

Assistant à la mise en scène : Laurent Crovella


avec

Xavier Boulanger, Béatriz Beaucaire,

Denis Woelffel, Stéphanie Gramont et Reno Daniaud



La presse :


« Unique & Compagnie réussit à tenir le public en haleine tout au long de cette pièce difficile et grinçante. »

Monique Heitzler / Dernière Nouvelles d’Alsace 26/01/03



Le spectacle :


Dans une roulotte, le temps d’une représentation qui se déroule sous le chapiteau voisin, Caribaldi, directeur de cirque, sa petite fille danseuse sur fil, le jongleur, le dompteur et le clown vont essayer de jouer le quintette La Truite de Schubert sans jamais y parvenir. Le dompteur, blessé par un fauve, est ivre et incapable d’exécuter la partition, le clown se débat avec son bonnet qui ne cesse de lui tomber sur les yeux et une contrebasse désaccordée, la maladresse du jongleur l’oblige à ramper sous les meubles à la recherche de l’indispensable colophane, la petite fille du directeur est une charmante marionnette aux ordres de son grand-père qui, confondant souvent sa jambe de bois avec son violoncelle, éprouvera toutes les peines du monde pour organiser la répétition du fameux quintette.

Prisonnier d’une conception de l’art extrêmement élevée, Caribaldi exigera la perfection absolue, quitte à y perdre toute humanité. Maladresse, ivresse, blessures, incompétence, abrutissement et profonde mélancolie auront raison de son obstination.

Mais c’est dans une force colossale, celle de l’habitude, que cette improbable formation de musiciens trouvera sa raison d’exister.

S’inspirant de la truculence des personnages de la Commedia dell’Arte, Thomas Bernhard nous livre ici un regard tragi-comique sur nos existences : n’est-ce pas ce que nous ne cessons de répéter, inlassablement, qui nous constitue au plus profond ?

Tout dans ce texte progresse sur le mode de la composition musicale (crescendo, decrescendo, pour aboutir à un furieux presto).

Ce texte est une partition.

L’œuvre de Thomas Bernhard est une admirable galerie de portraits de maniaco-dépressifs, la plupart du temps hantés par l’art et la culture, dont ils se font la plus haute idée, laquelle, confrontée à leur propre pratique, provoque un effet comique absolu.

On pourrait dire de La force de l’habitude qu’il s’agit d’une pièce pour marionnettes sous forme d’êtres humains ou d’êtres humains sous forme de marionnettes. Les personnages le disent à leur manière :

« Nous ne voulons pas de la vie mais il faut la vivre

 Nous haïssons le quintette La Truite mais il faut le jouer »



L’auteur :


1931 : Thomas Bernhard naît à Heerlen, Pays-Bas. Sa mère Herta le confie à ses grands-parents.

1935 : Les grands-parents emmènent l’enfant à Seekirchen, près de Salzbourg.

1937 : Herta Bernhard le récupère et s’installe en Bavière.

1942 : L’enfant est placé dans un « foyer d’éducation » national-socialiste, puis dans un internat.

1944 : Il rentre chez lui , son grand-père insiste pour lui donner une formation artistique : cours de violon, leçons de dessin et de peinture.

1946 : Retour à Salzbourg, apprentissage dans une épicerie.

1949 : Pleurésie grave puis tuberculose pulmonaire. Pendant des séjours répétés dans des sanatoriums, Bernhard lit et écrit beaucoup.

1950 : Parution des premiers récits sous des pseudonymes.

1952 : Journaliste culturel au Demoktatisches Volksblatt de Salzbourg. Poursuite de l’activité littéraire et de la formation lyrique.

1955 : Jusqu’en 57, cours de mise en scène et d’art dramatique du Mozarteum.

1957 : Premier recueil de poésie, Sur la terre comme en enfer. Puis de 57 à 62, livret d’opéra avec Lampersberg, proses, courtes pièces surréalistes et recueils de poèmes.

1963 : Gel, premier roman .

1967 : Perturbation, deuxième roman ; puis importante opération pneumologique.

1968 : Petit Prix National de Littérature suivi d’un discours de remerciement qui fait scandale.

1970 : La plâtrière, troisième roman : prix Büchner, le plus grand prix d’Allemagne.

Claus Peymann monte la première pièce de Bernhard, Une fête pour Boris.

1971 : Tournée de lectures, parution de nombreux textes, scénarios de films.

1972 : Première de L’Ignorant et le fou au festival de Salzbourg. Prix Grillparzer.

1974 : La société de chasse, La force de l’habitude, théâtre.

1975 : Le Président, théâtre ; le roman Corrections ; et L’Origine, premier récit autobiographique.

1976 : Les Célèbres, Minetti, Portrait de l’artiste en vieil homme, théâtre.

1978 : Emmanuel Kant, théâtre ; Le Souffle, L’Imitateur et Oui, récits.

1979 : Avant la retraite et Le Réformateur, théâtre. Bernhard démissionne de l’Académie allemande de langue et de littérature.

1980 : Les Mange-petit, récit.

1981 : Le Froid, autobiographie ; Maître et Au but, théâtre ; Je te salue Virgile, poèmes.

1982 : Un enfant, autobiographie ; Béton et Le Neveu de Rameau, récits.

1983 : Les apparences sont trompeuses, théâtre  ; Le Naufragé, récit.

1984 : Des arbres à abattre. Une excitation : roman immédiatement confisqué à la suite d’une plainte en diffamation de Gerhard Lampersberg.

Thomas Bernhard interdit la vente de ses livres en Autriche.

1985 : Première du Faiseur de théâtre, parution de Maîtres anciens.

1986 : Première de Simplement compliqué, à Berlin. Le déjeuner chez Wittgenstein, à Salzbourg.

1987 : Parution  de la pièce Elisabeth II.

1988 : Parution en un volume des « dramuscules », sous le titre Le Déjeuner allemand.

Grave attaque cardiaque. Prix Médicis pour Maîtres anciens.

1989 : Décès le 12 février à Gmunden.



PHOTOS DU SPECTACLE



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